Les incertitudes mondiales, un obstacle pour la reprise de l’économie congolaise
Les perspectives économiques de la République du Congo en 2025 sont fortement influencées par les incertitudes mondiales, la baisse de la demande mondiale et des prix du pétrole, ainsi qu’un resserrement des conditions financières internationales. Ces facteurs devraient freiner la croissance, avec une projection révisée de 2,8% pour 2025.
Dans la 12e édition de son rapport de suivi de la situation économique et financière de la République du Congo, présentée le 23 septembre à Brazzaville, la Banque mondiale projette un taux de croissance modeste de 3,0% pour 2026-2027. D’après ce document, les incertitudes liées aux politiques commerciales mondiales affectent à la fois les secteurs pétroliers et non pétroliers, contribuant à la prudence des perspectives de croissance.
Ayant pour thème « Améliorer la gestion du capital produit, humain et naturel pour accroître le niveau de vie en République du Congo », l’édition 2025 dudit document analyse les évolutions macroéconomiques de l’année 2024, présente les perspectives pour la période 2025-2026, et expose les résultats d’une évaluation approfondie du capital naturel, humain, physique et financier du pays.
Ce rapport recommande la mise en œuvre de mesures à court terme visant à renforcer la gestion de la dette et de la trésorerie, dans le but d’améliorer la visibilité du gouvernement sur les prévisions de la trésorerie. Ces mesures permettront notamment de contribuer à la réduction de l’accumulation des arriérés de paiement, tant internes qu’externes.
De même, le document préconise plusieurs autres options de réformes. Il s’agit, entre autres, de concilier les besoins immédiats et la viabilité budgétaire à long terme ; d’améliorer le capital humain à travers des investissements dans l’éducation et la santé ; ainsi que de mettre en place des politiques spatialement différenciées pour développer les zones à forte déforestation.
Urgence d’orienter les investissements vers l’éducation et les infrastructures
A en croire le directeur de division de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’ouest et du centre, Cheick Fantamady Kante, en évaluant l’évolution du niveau et de la composition de la richesse nationale, les décideurs peuvent mieux appréhender la capacité de l’économie à générer des revenus futurs et à soutenir le développement. « L’intégration des services rendus par les écosystèmes forestiers, par exemple, éclaire les stratégies de développement, les discussions budgétaires et le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes ».
Il a évoqué l’urgence d’orienter les investissements vers l’éducation, les infrastructures et la préservation de l’environnement, pour contribuer à bâtir un paysage économique résilient et équitable. « En conjuguant l’analyse du PIB et celle de la richesse nationale, il est possible de concevoir des stratégies favorisant un développement économique durable, tout en préservant l’environnement et en réduisant les inégalités sociales », a-t-il estimé.
Dans son allocution, Cheick Fantamady Kante a réitéré l’engagement de la Banque mondiale à accompagner la République du Congo dans la poursuite de ses efforts pour soutenir une croissance génératrice d’opportunités d’emploi pour la jeunesse congolaise et un développement véritablement durable.
Des réformes pour créer des emplois
Intervenant à cette occasion, le ministre de l’Economie, du plan et de l’intégration régionale, Ludovic Ngatsé a souligné que le thème de ce rapport est particulièrement d’actualité, car le processus de développement économique et social du Congo est confronté à des défis majeurs nécessitant une meilleure gouvernance économique, susceptible d’accroître non seulement le niveau de vie, mais aussi la qualité de vie des populations.
Pour lui, les conclusions de ce rapport interpellent le gouvernement. Raison pour laquelle des réformes s’imposent pour améliorer le développement du secteur hors pétrole et la création d’emplois. Elles portent sur plusieurs axes, dont le développement des Zones économiques spéciales, le développement des Zones agricoles protégées, l’amélioration de l’offre de l’électricité, l’amélioration de l’accès au financement, ainsi que la valorisation et l’exploitation du capital naturel, en vue de tirer tout le potentiel de la richesse du Congo.
Par GMB







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