Finances publiques : Le Congo mise sur une croissance budgétaire de 6,9% d’ici 2027
La République du Congo prévoit d’atteindre un niveau de recettes publiques de 2 778,0 milliards de Fcfa (26,2% du PIB) en 2026. Ces recettes devraient augmenter de 6,9% pour atteindre 2 970,9 milliards de Fcfa (26,7% du PIB) en 2027, grâce à la hausse concomitante attendue des recettes pétrolières et non pétrolières.
D’après le rapport sur les ‘’Perspectives de l’économie congolaise’’, publié le 9 septembre 2026, le gouvernement congolais a fixé le niveau des dépenses publiques à 2 380,2 milliards de Fcfa, soit 22,4% du PIB en 2026. Cette projection vise à soutenir l’activité économique et à poursuivre la mise en œuvre des réformes structurelles en faveur d’une croissance inclusive et durable.
Pour l’année 2027, ces dépenses devraient progresser de 1,5% pour atteindre 2 416,8 milliards de Fcfa, soit 21,7% du PIB. Cette légère évolution sera portée par la hausse projetée des charges d’intérêts de la dette, des dépenses de biens et services ainsi que de la masse salariale, malgré le recul attendu des dépenses de transferts et des autres dépenses courantes.
Le taux d’endettement projeté à 86,2% du PIB en 2027
Concernant la dette, le taux d’endettement du pays s’améliorerait sur la période sous revue revenant de 89,9% du PIB en 2026 à 86,2% du PIB en 2027, en raison de la situation économique favorable attendue sur ladite période.
Quant eux, les échanges extérieurs se solderaient par un excédent du compte courant de 5,2 milliards de Fcfa, représentant 0,1% du PIB en 2026. Cette situation devrait s’inverser, avec un compte courant qui afficherait un déficit de 322,7 milliards de Fcfa, soit 3,0% du PIB en 2027.
Durant cette période, la situation monétaire serait caractérisée, entre autres, par une hausse des avoirs extérieurs nets de 111,8% en 2026, suivie d’une progression de 26,6% en 2027 ; et d’une baisse des avoirs intérieurs nets de 11,2% en 2026 et de 7,3% en 2027, en lien avec la diminution des créances nettes sur l’État.
Par ailleurs, la masse monétaire pourrait progresser de 4,3% en 2026 et de 1,1% en 2027, pour atteindre respectivement 3 451,8 milliards de Fcfa et 3 490,0 milliards de Fcfa. Les réserves de change passeraient, quant à eux, de 2,6 mois d’importations de biens et services à 3,0 mois d’importations de biens et services.
Sur la dynamique des prix, le taux d’inflation moyen est projeté à 3,4% en 2026, avant d’atteindre 3,7% en 2027. Cette évolution s’expliquerait par le renchérissement des prix des produits alimentaires, la hausse des coûts de transport et de la logistique, ainsi que par l’augmentation des prix des biens importés.
Une croissance du PIB estimée à 5,5% en 2026 et 6,9% en 2027
Ce rapport du ministère en charge de l’économie souligne qu’après une croissance estimée à 4,3% en 2025, le redressement de l’économie congolaise pourrait se poursuivre en 2026 et 2027, avec des taux de croissance respectifs de 5,5% et 6,9%. Cette dynamique serait soutenue par la bonne tenue des activités aussi bien dans le secteur pétrolier que hors pétrole.
Le secteur pétrolier enregistrerait des progressions de 5,6% en 2026 et de 8,0% en 2027, portées principalement par l’intensification des investissements consacrés à la production de gaz naturel ainsi qu’au développement de nouveaux projets pétroliers.

Dans ce même cadre, le secteur hors pétrole afficherait des taux de croissance de 4,7% et 5,4%, favorisés par l’accélération de la mise en œuvre des projets inscrits dans le Plan national de développement (PND) 2022-2026, les retombées positives de l’exécution du Programme économique et financier appuyé par la Facilité élargie de crédit, ainsi que par la poursuite de la mise en œuvre des réformes prévues dans la matrice d’actions du Pref-Cemac.
Notons que ces perspectives économiques seront également tributaires de l’évolution de l’environnement économique international, en particulier de l’évolution des tensions géopolitiques, qui affectent l’évolution des cours mondiaux du pétrole.
Par Grâce Dinzebi




