CEMAC : Bamboo EMF lance un emprunt de 5 milliards de Fcfa à Brazzaville
Dans le cadre de la diversification de ses ressources de financement et du renforcement de sa structure bilancielle, la microfinance Bamboo EMF a procédé le 15 septembre à Brazzaville, au lancement de l’emprunt obligataire par appel public à l’épargne. A travers cette opération, l’institution ambitionne de mobiliser cinq milliards de Fcfa, grâce à l’émission obligataire « EOBamboo-EMF 7,25% Brut 2026-2029 » sur le marché financier de l’Afrique centrale.
Avec un taux d’intérêt de 7,25% brut par an, cette opération ayant une maturité de 3 ans, vise également à soutenir la croissance du portefeuille de crédits de la microfinance, dans un contexte d’expansion progressive de ses activités. Dans le cadre de cet emprunt, l’institution financière fixe le minimum de souscription à 50 obligations, soit 50.000 Fcfa, avec une valeur nominale (prix d’émission) de 1.000 Fcfa.
Les 5 milliards levés seront intégralement alloués à l’expansion du portefeuille de crédits, ciblant deux segments, notamment les salariés (fonctionnaires et employés du secteur privé) ainsi que les commerçants et opérateurs du secteur informel. De même, ces fonds accompagneront aussi le déploiement de solutions digitales (monétique, mobile money, interopérabilité Gimac).
D’après l’institution émettrice, la période de souscription à cette opération est prévue du 15 septembre au 12 octobre 2026. « Lorsque nous lançons cette opération d’emprunt obligataire, nous travaillons avec des agents placeurs qui sont les sociétés de gestion de bourse opérant dans différents pays de la zone Cemac. Et donc, au Congo, L’Archer Securities nous accompagne dans le processus de levée de fonds pour le compte de Bamboo EMF », a expliqué le directeur général adjoint de Bamboo EMF, Constantin Yemiro Tcheou.
Accompagner l’économie réelle des Etats de la Cemac
Pour le directeur général adjoint, l’objectif de cette opération est d’accompagner de façon structurelle l’économie réelle qui porte actuellement les Etats de la CEMAC dans le but de permettre à Bamboo de pouvoir être un acteur majeur de l’inclusion financière en Afrique centrale.
« Nous avons des agents collecteurs de terrain qui, au quotidien, vont vers les femmes commerçantes et font la collecte des fonds. Ceux-ci permettent derrière une régularité de 3 à 6 mois de lever un petit financement allant de 500.000 Fcfa à 5 millions de Fcfa. Ces fonds levés vont permettre d’accompagner ces femmes qui nous font confiance », a-t-il précisé.

Cette opération ayant pour arrangeur et chef de file Africa Bright, a été autorisée par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), conformément aux dispositions régissant l’appel à l’épargne en zone CEMAC. Au niveau sous régional, l’opération s’effectue avec l’appui de syndicats de placement, par lesquels BGFI Bourse, L’Archer Securities, Elite Capital, FedhEn Capital, Bams et Beko.
A propos de Bamboo EMF
Opérationnelle depuis 2022, Bamboo EMF est un établissement de microfinance de 2e catégorie, constitué en société Anonyme de droit gabonais (Ohada), agréé par la Cobac. Après acquisition du portefeuille de Salam financial exchanges (SFE), l’institution a connu une croissance organique exceptionnelle. Ses comptes actifs sont passés de 6 670 en 2023 à près de 26 900 en 2025, le plaçant dans le top 3 des ressources collectées sur la période.
Ce modèle s’appuie sur quatre lignes de services complémentaires, à savoir le crédit (salariés, tontines) ; collecte d’épargne ; transferts d’argent et bancassurance, déployés via un réseau multicanal (14 agences et 70 stations banking partenaires) ; ainsi qu’application mobile et une interopérabilité Cemac via Gimac Pay.
En 2024, Bamboo EMF a franchi le seuil de rentabilité et a consolidé ses résultats en 2025 (+30% de résultat net). La forte expansion des dépôts collectés (×3,0 sur 2022-2025) constitue le socle de liquidité. Le coefficient d’exploitation, qui s’est stabilisé à 91% entre 2024 et 2025, traduit une structure de charges encore élevée, caractéristique d’une institution en phase d’investissement et de progression.
Par Grace Dinzebi




