Donald Trump brandit les tarifs douaniers américains.
Economie

Face aux droits de douane américains, la croissance économique mondiale reste résiliente

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La croissance économique mondiale continue à faire preuve de résilience, malgré l’incertitude accrue et les fortes perturbations des échanges causées par les droits de douane américains. Les dernières projections du Fonds monétaire international (FMI) projettent une croissance de 3,3% au cours de cette année, soit une révision à la hausse de 0,2 point de pourcentage par rapport aux estimations d’octobre 2025.

Cette petite progression est tirée essentiellement des améliorations enregistrées aux États-Unis et en Chine. Les projections actuelles restent globalement inchangées par rapport à l’année précédente, tandis que l’économie mondiale se remet de l’incidence immédiate du choc des droits de douane, rapporte un document du FMI.

D’après l’institution monétaire, cette force inattendue tient à un ensemble de facteurs, à savoir l’apaisement des tensions commerciales, des mesures de relance budgétaire plus importantes que prévu, des conditions financières accommodantes, l’agilité du secteur privé face aux perturbations des échanges, ainsi que l’amélioration des cadres d’action, notamment dans les pays émergents.

Au-delà de ces facteurs, il est également important de souligner l’essor continu des investissements dans le secteur des technologies de l’information, notamment en Intelligence artificielle (IA). Bien que cet essor soit principalement concentré aux États-Unis, il a aussi des retombées positives à l’échelle mondiale, en particulier sur les exportations technologiques asiatiques.

Des conditions financières favorables impulsent les investissements

Signalons que la vague d’investissements dans les technologies de l’information témoigne l’optimisme des entreprises et des marchés quant au pouvoir transformateur des récentes innovations technologiques (en matière d’automatisation et d’IA) pour doper la productivité et les bénéfices. Depuis l’apparition, fin 2022, des premiers outils d’IA générative grand public, le cours des actions s’est envolé.

Des conditions financières favorables et des résultats solides ont soutenu la hausse des cours et aidé à financer de nouvelles dépenses en capital. Mais à mesure que l’expansion s’accélère, le financement par l’emprunt augmente, ce qui accentue l’effet de levier. Cette évolution s’accompagne de quelques risques : un levier plus élevé pourrait amplifier les chocs si les rendements ne se concrétisaient pas.

L’essor technologique et les risques pesant sur les perspectives

À terme, l’essor technologique actuel fait peser d’importants risques sur l’économie mondiale, qui pourraient conduire à réviser les perspectives aussi bien à la hausse qu’à la baisse. Du côté positif, l’IA pourrait commencer à tenir ses promesses en matière de productivité, ce qui se traduirait par une augmentation de l’activité aux États-Unis et dans le monde de 0,3 % cette année par rapport au scénario de référence.

À l’inverse, les entreprises d’IA pourraient ne pas être en mesure de dégager des bénéfices à la hauteur de leurs valorisations élevées ; le sentiment du marché pourrait alors se détériorer. Cette situation pourrait avoir des conséquences considérables si l’investissement réel dans les technologies diminuait plus fortement, déclenchant une réaffectation coûteuse du capital et de la main-d’œuvre.

Si l’on ajoute à cela des gains de productivité totale des facteurs plus faibles que prévu et une correction plus marquée sur les marchés boursiers, les pertes de production à l’échelle mondiale pourraient encore augmenter, en particulier dans les régions à forte composante technologique comme les États-Unis et l’Asie.

Compte tenu de la hausse de la part des investisseurs étrangers dans les actions américaines depuis une décennie, cette forte correction pourrait également déclencher des pertes de richesse considérables en dehors des États-Unis et freiner la consommation, propageant ainsi le ralentissement à l’échelle mondiale.

Urgence de mettre en place des politiques en faveur de la stabilité et de l’inclusion

Au regard des valorisations d’actifs excessives, du recours accru à l’endettement et de l’incertitude élevée, une surveillance rigoureuse serait essentielle pour préserver la stabilité financière. La supervision et la réglementation doivent garantir des normes de souscription solides pour les établissements bancaires et non bancaires, en particulier ceux qui sont exposés au secteur technologique.

A en croire le FMI, il sera également nécessaire de respecter les normes internationales en matière de fonds propres et de liquidités bancaires. Les responsables politiques devraient être prêts à déployer des plans d’urgence adaptés à divers risques.

Par GD

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