Le centre-ville de Brazzaville/Photo d'archives.
Economie

Congo : Les défis prioritaires d’une transformation irréversible pour un développement inclusif

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Alors que le président Denis Sassou-N’Guesso, réélu pour un cinquième mandat consécutif, s’apprête à prêter serment, la République du Congo se trouve à la croisée des chemins. Au cœur de ce nouveau quinquennat, les gouvernants devraient miser sur des défis stratégiques décisifs : accélération de la transformation agricole, modernisation des infrastructures de base (eau, électricité, routes), refonte des systèmes de santé et d’éducation, et insertion massive des jeunes dans le tissu productif, sans oublier la mise en place d’une gouvernance financière rigoureuse.

Dans un rapport publié en août 2024, la Banque mondiale a souligné une augmentation de l’insécurité alimentaire en République du Congo, touchant désormais 59 % de la population. En effet, depuis des décennies, le Congo lutte pour l’autosuffisance alimentaire. Or, pour assurer sa souveraineté alimentaire, le pays doit miser, entre autres, sur la modernisation du secteur agropastoral, le développement de chaînes de valeur agricoles performantes, afin de réduire la dépendance aux importations de produits de première nécessité.

Outre cela, la diversification de l’économie et l’industrialisation devrait également figurer parmi les priorités. Dans ce cadre, l’idéal serait de s’appuyer sur le développement des Zones économiques spéciales (ZES), véritables pôles de compétitivité destinés à attirer les investisseurs par des incitations fiscales et douanières. L’idéal c’est de passer d’une économie d’exportation de produits bruts à une économie de transformation locale.

Urgence des initiatives audacieuses

Dans ce même cadre, le développement d’un pays s’appuie aussi sur la mise en place des infrastructures de base, notamment l’amélioration de la desserte en eau et en électricité, ainsi que la construction d’infrastructures routières et scolaires. Ces investissements visent à réduire les coûts transactionnels et à faciliter la libre circulation des personnes et des biens.

A côté des infrastructures figure l’amélioration du climat des affaires. Cela passe par une lutte acharnée contre la corruption et une simplification des procédures administratives afin de rendre l’environnement des affaires plus transparent. Par ailleurs, une meilleure gestion de la dette et une stabilité macroéconomique seraient un atout pour financer les projets de développement sans compromettre la solvabilité des générations futures.

Près d’un Congolais sur deux vit avec moins de 2,15 dollars par jour

Le même rapport de la Banque mondiale évoque une pauvreté généralisée avec près d’un Congolais sur deux vivant avec moins de 2,15 dollars par jour. Cette réalité impose des mesures efficaces, susceptibles de faciliter l’emploi des jeunes et de lutter contre la pauvreté. En stimulant les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, le pays s’attaque directement aux racines de la pauvreté et des inégalités sociales.

Parallèlement, la refonte des systèmes de santé et de l’éducation s’avère cruciale pour favoriser le bien-être des populations.

Soulignons que ce nouveau quinquennat ne devrait pas être celui de la continuité, mais celui de la mise en œuvre des initiatives audacieuses. En mettant l’accent sur ces axes stratégiques, le Congo pourrait transformer ses richesses naturelles en prospérité partagée.

Par la rédaction

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